Et pour quelques flocons de plus...
10èmes
Rencontres Météo et Montagne La Crosse Technology de l’Alpe d’Huez
Du 6 au 9 décembre 2007
Note de Synthèse de l’événement
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10èmes Rencontres Météo Montagne
La Crosse-Technology de l’Alpe d’Huez
Introduction.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .P 2
Christian REVERBEL, Directeur du service des pistes de
l’Alpe d’Huez
Neige
pas dit toute la vérité ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . .P 3 à 9
Les
médias, Météo France, les montagnards à la conquête de la juste neige
Jean-Claude GASCARD, Directeur de Recherche au CNRS, Coordinateur du projet européen
DAMOCLES, Université Pierre et Marie Curie, Paris
Claude SCHNEIDER, Nivologue à la Plagne
« La récolte de "l'info" neige par les
professionnels : le cas de la Plagne »
M. CLEMENCON & J-Marc DAULTIER, Pisteurs secouristes et nivométéorologues Alpe d’Huez
« Le schéma de l’information au service des pistes
de l’Alpe d’Huez »
Eric ADAMKIEVICZ, Directeur Général des Services, O.T. de Bourg St-Maurice – Les Arcs
« Quelles informations pour les stations
touristiques de montagne ? »
Eric MAS,
Directeur Production et Développement de Météo Consult
« Prévisions du temps et temps de la vérité ! »
Michel ASSOULINE, Directeur commercial marketing et communication de Météo France &
Joël
COLLADO,
Prévisionniste, Intervenant spécialisé sur France Inter et France Info
« Le rôle de Météo France »
Evelyne DHELIAT,
Présentatrice Météo sur TF1
« Les bulletins météo : un sujet brûlant à débattre
lors de cet événement »
Et
pour quelques flocons de plus…. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. .. . . . . . . P 10 à 15
Les
conséquences de la brutale et perpétuelle évolution du climat de notre planète
sur notre
montagne
Marie-Antoinette MELIERES, Responsable scientifique du site « Saga Sciences
Climat » du CNRS,
Expert climat à l’Institut de la Montagne
"Réchauffement climatique global : la
confirmation scientifique"
Philippe VERDIER, Journaliste, Présentateur Météo à BFM-TV
"Echanges autour de Bali et des accords de
Kyoto"
Eric BRUN,
Président du Centre National de Recherche Météorologique de Météo France
"Le réchauffement climatique et ses impacts
potentiels dans les Alpes"
Guy VAXELAIRE,
Maire de La Bresse, ANMSM
"Les stations s'engagent dans le développement
durable"
Maximilien ROUER, Président de Be Citizen
"Comment réussir le développement durable ?"
Alain GRANDJEAN,
Docteur en économie de l’environnement, Président de la société Capitalisme
Durable, membre du comité de veille scientifique de la
Fondation Nicolas Hulot
"Pourquoi taxer les gaz à effets de serre ?"
10èmes
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Du 6 au 9 décembre 2007
Note de Synthèse de l’événement
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10èmes Rencontres Météo Montagne
La Crosse-Technology de l’Alpe d’Huez
Les
débats ont été animés par Pierre OSTIAN, ancien journaliste et Rédacteur en
chef de France 3,
créateur
du magazine Montagne et de la société de communication et d’évènements « Le
Hérisson bavard ».
Introduction
Christian
REVERBEL, Directeur du service des pistes de l’Alpe d’Huez
En ce
dixième anniversaire des Rencontres Météo Montagne, il est indéniable que la
dynamique d’origine
de cette démarche a permis de tisser un réseau de dialogue et d’échanges solide
entre les médias,
les météorologues et le monde économique autour de sujets qui mettent en
évidence cette extraordinaire
et complexe relation entre l’homme et la montagne.
De
nombreuses interrogations se posent aujourd'hui, tant au niveau des médias
météo sur les moyens,
la clarté et la précision des informations transmises au public, qu’au niveau
des stations de montagne
sur la crédibilité de leur communication dans un environnement fortement
concurrentiel et l’attitude
à adopter face aux changements climatiques.
Il
est clair que la grande majorité des experts et présentateurs météo font des
merveilles sans grand budget
ou ressources dans un monde régi par l’audimat, par simple passion de leur
métier et attachement
aux valeurs journalistiques. Que cette tendance soit durable est, certes,
souhaitable, mais
il est tout autant essentiel d’y adjoindre une prise en compte de l’importance
croissante de la météorologie
à un moment historique d’évolution climatique.
De
même, il est fondamental que le pouvoir économique, financier et politique
local en haute montagne
s’adapte aux réalités de demain qui imposeront une nécessaire préservation de l’environnement
dans un contexte de raréfaction des ressources. Peu à peu s’impose l’idée que
tout village
de moyenne montagne ne pourra pas, à terme, conserver son propre domaine
skiable, que la culture
de la neige ne peut s’envisager partout, que l’évolution climatique appelle la
mise en oeuvre d’une
nouvelle vision du sport et des loisirs respectueuse de l’existant, etc.
Le
changement s’annonce incontournable et peut tout à fait réussir, pourvu que
chacun y mette de l’honnêteté,
de l’humilité et du courage. Dans ce cadre, il importe que la tradition de
libre pensée et d’ouverture
d’esprit qui préside depuis l’origine des Rencontres Météo Montagne et qui en
ont fait u n
rendez-vous annuel précieux et constructif se poursuive pour plus d’information,
de transparence
et de sécurité.
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Neige pas dit toute la vérité ?
Les médias, Météo France, les montagnards à la
conquête de la juste neige
La
table ronde s’ouvre par la projection d’un film sur le travail de
revégétalisation du domaine skiable
au moyen de composts fournis par SCPA Environnement-Terralys.
Jean-Claude
GASCARD, Directeur de Recherche au CNRS, Coordinateur du projet
européen
DAMOCLES, Université Pierre et Marie Curie, Paris
En
cette période de débat sur les évolutions climatiques et bien que la Terre n’encourt
aucun risque
susceptible de remettre en question son existence, l’Humanité dans son ensemble
doit faire face
à des enjeux et des défis majeurs dans sa manière de s’organiser et de partager
les richesses entre
6 milliards d’individus aujourd’hui et bientôt 9 milliards d ici la fin du
siècle et qui conditionnent
sa survie. A cet égard le projet européen Damocles et la mission Tara Damocles
ont mis
en évidence quelques faits remarquables sur l’état de l’Océan Arctique, dont l’homme
devrait tenir
compte pour anticiper les difficultés à venir en cas d’événements climatiques
extrêmes. Ainsi, il
convient de noter :
• Un recul en
été de la banquise arctique de l’ordre de 25% au cours des 25 dernières années (10%
par décennie en moyenne), et plus récemment de 1,5 million de km2 entre l’été
2005 et l’été
2007; diminuant de fait le réfléchissement vers l’espace du rayonnement solaire
incident de
150 millions de Megawatts et augmentant d’autant son absorption par l’Océan
pendant les mois
d’été.
• L’accroissement
spectaculaire de la vitesse de la dérive transpolaire du détroit de Bering au détroit
de Fram entre l’été 2006 et l’été 2007, deux à trois fois supérieures aux
prévisions des modèles.
Les
causes probables de ces phénomènes tiennent à l’atmosphère (température,
humidité et vent), la glace
(épaisseur et nature) et l’océan (température et salinité). Le projet Damoclès
enregistre donc par
le biais de stations les différents paramètres de températures, hygrométrie,
vent, courants, etc. qui
sont ensuite analysés dans 48 laboratoires européens, russe et américain. La
mission dérivante Tara
Damoclès a notamment permis de relever une chute des températures négatives
tout au long de la
saison d’hiver (1 000°C), en termes de degrés de gel cumulés par jour, sachant
que la formation
de la glace a pour origine cette source et cette intensité de froid. De plus,
la température des
masses d’eau chaude atlantique a augmenté de 0,5°C et de 100 mètres en
épaisseur, ce qui affaiblit
les glaces arctiques au moment de leur plongée sous la banquise. A ce titre, il
apparaît que des
eaux chaudes entrent par le détroit de Béring, vers 50 mètres de profondeur, et
restent sous la glace
durant l’hiver, en contribuant à son amoindrissement.
Les
conséquences possibles envisagées par les experts du consortium européen
Damoclès, suite aux récentes
observations de la banquise arctique et simultanément de l’océan et de l’atmosphère
qui l’environnent,
sont :
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• la
disparition de la glace de mer en été dans l’Océan Arctique avant sa
reformation en hiver
dans
les 10 à 15 années à venir ;
• l’augmentation
de l’absorption par l’océan de 80 % de l’énergie solaire reçue, qui
entraînerait un
réchauffement local de l’atmosphère et l’élévation du niveau des mers de l’ordre
d’un mètre d’ici
la fin du siècle en raison de la fonte des glaces stockées du Groenland ;
• l’afflux d’eau
douce autour du Groenland risque de ralentir la montée des eaux chaudes et salées
de l’Atlantique Nord vers l’Océan Arctique, qui ne pourront pas atteindre une
densité leur
permettant d’échapper à la surface avant de geler ;
• le
détournement des eaux du Gulf-Stream risque de refroidir l’Europe Occidentale,
entraînant un
bouleversement climatique bien au-delà des régions arctiques.
Outre
les conséquences environnementales, le recul de la Banquise présentera un
impact sur bon nombre
d’activités humaines, économiques (pêche, ouverture de nouvelles voies de
transport et de ressources,
etc.), mais aussi sur les écosystèmes.
Claude
SCHNEIDER, Nivologue à la Plagne
La
nivologie consiste à étudier le manteau neigeux et à réaliser des prévisions de
risques d’avalanches.
Ainsi, la récolte des données neige sur le terrain vise à répondre non
seulement aux attentes
des touristes et du public en général, mais aussi aux professionnels.
Les
informations relevées quotidiennement dans les stations concernent les
paramètres météo (température,
vent, etc.) et les hauteurs de neige, au moyen d’une perche à neige, sur des
sites de référence
validés par Météo France au niveau du domaine et en haut des pistes. La neige
fraiche est également
mesurée tous les matins, avec une planche à neige.
Ces
relevés sont ensuite directement entrés dans le réseau d’observation de
nivométéorologie, ce qui
impose le respect d’une stricte obligation de vérité et de transparence des
mesures. Ils sont ensuite
utilisés par les nivologues, afin d’estimer les risques d’avalanches, Météo France
et un certain
nombre de clients, tels que les touristes déjà sur place, les futurs vacanciers
dans un objectif d’aide
à la décision, les partenaires (hébergeurs) et les professionnels des stations
(ESF, guides, services
techniques), qui attendent des réponses précises afin d’exercer leur métier.
Après
mise en forme des données relevées par le service des pistes, celles-ci sont
transmises dans un
premier temps aux offices de tourisme, qui renseignent ensuite les différents
médias (presse écrite
locale notamment) et actualisent les points info, ainsi que les relais NTIC
(alarme poudreuses par
téléphone portable, etc.). En outre, de façon à éviter toute perte d’information
et erreur, les sites Internet
(La Plagne, Ski France, etc.) sont directement mis à jour par le service des
pistes, en accord avec
l’Office de Tourisme.
Les
relevés neige sont effectués avec la plus grande attention, afin de renseigner
le plus fidèlement possible
les clients et les partenaires. Il est indispensable de donner une information
authentique, même
si elle ne correspond pas toujours aux souhaits des acteurs économiques des
stations. A ce titre,
aucune hauteur de neige « commerciale » ne doit être définie pour attirer la
clientèle. Ce type
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de
données est utilisé dans les modèles de Météo France et dans le travail de
prévision des risques d’avalanches
: elle appelle donc la plus grande rigueur de la part des nivologues, qui
donnent la vérité.
Michel
CLEMENCON et Jean-Marc DAULTIER, Pisteurs secouristes et nivométéorologues à
l’Alpe d’Huez
Les
différents points de mesure du manteau neigeux et des températures répartis sur
l’ensemble du domaine
de l’Alpe d’Huez ont été définis avec Météo France, voici près de 30 ans, et
sont régulièrement
vérifiés, afin de préserver la cohérence des points de comparaison
nivologiques. La récolte
de l’information est réalisée à peu près à toutes les altitudes et sur tous les
versants de la station.
Elle est associée aux relevés effectués sur les Deux Alpes, Chamrousse et La
Grave, ce qui permet
à Météo France d’avoir une vision globale de l’état de la neige en moyenne et
haute Romanche.
Une
quinzaine de personnes ont en charge la réalisation quotidienne des mesures sur
le terrain (températures,
hauteur de neige, qualité de neige), pour assurer leur régularité, au moyen d’outils
et d’instruments
fournis par Météo France. Deux relevés par jour sont effectués, sachant qu’une saison
compte 150 journées en moyenne.
Des
mesures nivologiques précises sont accomplies chaque semaine, avec une coupe
jusqu’au sol, afin
de distinguer les différentes couches et connaître l’évolution du manteau
neigeux tout au long d’une
saison.
Les
données sont transmises au bureau du service des pistes, quasiment en temps
réel. La secrétaire renseigne
alors le logiciel Ski Plan, sur la base duquel les sites Internet de l’Office
de Tourisme, de la
SATA et de Ski France actualiseront leurs informations. Elle envoie également
les mesures à la presse
quotidienne locale. Les hauteurs de neige, températures et force du vent sont
enfin relayées sur
différents points de la station au niveau des panneaux d’affichage passifs et
actifs.
Par
ailleurs, le service des pistes entretient un contact quotidien avec Météo
France, tant au niveau des
données communiquées chaque jour, que sur les retours d’analyse des éléments
recueillis sur le terrain,
à travers les bulletins de prévisions et d’alertes avalanches.
Les
données non utilisées immédiatement sont archivées en vue d’une expertise
locale, afin de dresser
des profils d’évolution du manteau neigeux qui constituent un maillon essentiel
de la chaîne de
prévision du risque d’avalanche. Il apparaît que depuis la fin des années 1970,
l’enneigement à 1 860
mètres est relativement aléatoire. Néanmoins, une tendance se dégage sur les 10
dernières années
: la masse neigeuse diminue sensiblement, du fait du raccourcissement de la
saison hivernale.
Eric
ADAMKIEVICZ, Directeur Général des Services, Office de Tourisme de Bourg St-Maurice – Les Arcs
Deux
catégories de personnes éprouvent un grand intérêt vis-à-vis des informations météorologiques
en montagne :
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• les
professionnels qui, dans leur volonté d’accroissement du taux de remplissage
des stations, désirent
obtenir des éléments attractifs sur un plan commercial ;
• les clients
qui, grâce aux moyens modernes de communication, disposent de sources en temps quasi
réel pour obtenir des informations authentiques, notamment par le biais des web
cams.
Les
souhaits des uns diffèrent donc des besoins des autres. Néanmoins, il convient
de se méfier des a
priori, car les clients se rendent en station touristique de montagne
essentiellement pour être en rupture
avec leur quotidien, sachant qu’ils sont à 99 % urbains. Ils recherchent en
premier lieu une ambiance
blanche, même si le ski demeure l’activité de base de toute station. Ainsi, le
simple fait de
constater une pellicule de neige sur les bâtiments et les arbres s’avère
essentiel pour la clientèle, compte
tenu du fait que le temps de vacance est un temps de ressourcement et de repos,
au-delà du seul
désir de ski. Les attentes des clients sont aujourd'hui diverses (ski,
randonnées en raquettes, farniente,
etc.) et requièrent une communication adaptée de la part des stations.
Celles-ci ne doivent plus
se percevoir comme de simples stations de sports d’hiver, mais comme des
stations touristiques
de montagne afin de capter et satisfaire l’ensemble des demandes.
Le
constat de la satisfaction clientèle est d’ailleurs simple :
• si la
semaine de vacances est ensoleillée, quelle que soit la hauteur de neige, le
bilan est positif ;
• si une
faible hauteur de neige est annoncée, mais que l’ensoleillement est présent et
qu’il est
possible
d’accéder à des activités en extérieur au final, le bilan est positif.
Tout
l’enjeu pour les stations est de communiquer sur la performance des domaines
skiables qui permet
une continuité d’activité durant toute la saison d’hiver, y compris avec de
faibles hauteurs de
neige. Au-delà de l’enneigement, il apparaît aujourd'hui opportun de valoriser
la technicité des personnels
et des moyens d’un site, de manière à contribuer à sa reconnaissance et à
éclairer le client
sur les possibilités qui s’offrent à lui. Le tourisme ne doit pas conduire au
développement d’une
communication purement commerciale, notamment sur les hauteurs de neige, qui
risque davantage
de desservir les stations à long terme si elle engendre une déception de la
clientèle.
Il
est donc fondamental pour les stations de ne plus se positionner sur une
logique de « tout ski », mais
de communiquer sur les différentes possibilités et les offres d’un domaine,
sportives et autres.
Il s’agit
en effet de la meilleure solution pour relayer une information « vraie » et
crédible au niveau
de la météo, de l’enneigement et de la qualité des prestations proposées. Ce
tourisme qualitatif
à développer à l’avenir suppose la véracité des tarifs, un rapport de confiance irréprochable
avec le client et l’absence de confusion entre information et communication promotionnelle.
Eric
MAS, Directeur Production et Développement de Météo Consult
De
nombreuses suspicions entourent la prévision météorologique, en raison du flou
qui règne autour
de ce champ et de l’existence de sources d’erreur. Dire la vérité c’est aussi
avouer son ignorance
dans certains cas ou ses incertitudes sur certains points. Certes, la prévision
a accompli de
grands progrès, mais elle ne sera jamais parfaite et il faut réussir à
communiquer honnêtement.
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Le
bulletin météo, qu’il soit papier, télévisé ou radio, constitue une aide à la
prise de décision. Il importe
donc de dire la vérité, sachant que le temps et l’espace accordés aux
informations météorologiques
sont limités. Il est demandé au prévisionniste de ne pas faire comme si l’erreur était
« intrinsèque », mais de faire en sorte que chacun (touriste ou professionnel
de station) puisse gérer
son risque. Puisque le RISQUE est défini comme le produit d’une PROBABILITE par
une CONSEQUENCE,
il faut se donner les moyens du dialogue. L’évaluation de la probabilité d’un événement
météo, donc de la fiabilité d’une prévision, est de la responsabilité du
prévisionniste. Il appartient
ensuite à l’utilisateur final d’évaluer les conséquences, donc les effets de la
météo sur son
activité. Pour améliorer le dialogue entre ces acteurs, METEO CONSULT associe
une fiabilité à
chacune de ses prévisions, même à très court terme.
Il
est tout à fait possible que des prévisions soient exactes à 100 %. Si tel n’est
pas le cas, il est nécessaire
d’exprimer le degré de certitude sous forme de pourcentage et de l’expliquer.
Afin d’évaluer
la fiabilité d’un bulletin, le prévisionniste sait analyser les sources d’erreurs,
au niveau de :
• l’état
initial, parceque la connaissance en est imparfaite, en raison d’erreurs de
mesure, d'insuffisance
de couverture du territoire, etc. ;
• la simulation,
parce que les modèles sont obligatoirement établis sur des approximations ;
• l’interprétation
des situations météo parce que toutes les situations ne sont pas évidentes à interpréter
en temps sensible
• la
communication, si les supports utilisés afin d’exprimer la prévision ne sont
pas adaptés aux différents
utilisateurs.
Les
prévisions sont plus ou moins fiables en fonction de l’échéance, du paysage et
du type de situation.
Le météorologue intègre donc ces trois critères et les différents éléments
sources d’erreurs.
Sur la base de son expérience, il évalue les chances de réussite d’une
prévision, dont il convient
de faire prendre conscience au public. A cet égard, il arrive qu’ une prévision
à 3 ou 4
jours soit fiable à 100 %, par exemple en plaine, sous les effets d’un
anticyclone dont l’origine et l’histoire
sont bien connues. A l’inverse, une prévision à 12 heures en montagne, lors du
passage d’une
perturbation, peut n’être fiable qu’à 50 %. La qualité d’une prévision météo n’est
donc pas directement
dépendante de l’échéance.
L’avenir
de la prévision météo requiert ainsi un effort d’appréciation de la fiabilité
des informations transmises
de la part des prévisionnistes. Cela suppose des années d’expérience et d’interprétation, ainsi
qu’une volonté de dire la vérité et de l’expliquer.
Michel
ASSOULINE, Directeur commercial marketing et communication de Météo France et Joël
COLLADO, Prévisionniste, Intervenant spécialisé sur France Inter et France Info
L’information
mise à disposition par Météo France est extrêmement riche et dense, sur la base
des observations
effectuées sur l’ensemble du territoire, mais aussi des résultats des modèles numériques
qui permettent de comprendre le fonctionnement de l’atmosphère et son
évolution. Au
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regard
de ces éléments, le bulletin à destination du grand public apparaît pauvre,
mais il doit s’efforcer
d’apporter les points essentiels.
Météo
France est par ailleurs tout à fait consciente de l’importance que revêt l’information météorologique
dans l’aide à la décision d’un client. C’est la raison pour laquelle il est
essentiel que
le public ait une certaine compréhension de la construction de la prévision,
afin d’être assuré de sa
fiabilité.
Le
fondement de toute prévision en montagne est l’observation du temps, qui
suppose la mise en oeuvre
de l’ensemble des moyens à la disposition des météorologues, tels que les
relevés de chutes de
neige et de structure du manteau neigeux au sol. A partir de là, les modèles
numériques permettent
de définir les évolutions sur 24 heures et de déterminer les quantités de neige
qui tomberont,
ainsi que leur localisation.
Afin
de répondre aux exigences de qualité sur les prévisions, un travail est conduit
sur les outils numériques
et leur maillage. Météo France développe à cet égard un modèle à maille
extrêmement fine,
de 2,5 kilomètres. Ce nouvel outil, dénommé AROME, identifiera les évolutions
de cellules orageuses,
l’intensité des rafales de vent, la grêle, les impacts de foudre, la quantité
de neige qui tombera
versant par versant, etc. Il ouvre des portes intéressantes pour la prévision
du futur, dans des
domaines géographiques beaucoup plus restreints. Ce modèle sera alimenté en
permanence avec
des éléments d’observations, qui contribueront à son amélioration.
La
diffusion de la prévision en montagne a lieu sous forme de bulletins
départementaux. Compte tenu
de la problématique spécifique des milieux montagneux, il convient de définir
la limite pluie/neige,
la base et le sommet des nuages, etc. Des alertes sont également communiquées
en cas de
risque d’avalanches.
De
grands progrès ont été accomplis en prévision météorologique au cours des dix
dernières années,
notamment de J+1 à J+3. Cependant, il apparaissait jusqu’à présent assez
difficile d’améliorer
le niveau de qualité à 24 heures. Les nouveaux modèles laissent aujourd'hui
augurer de perspectives
intéressantes. Au-delà de J+4, la prévision n’est plus déterministe, mais
probabiliste, sur
la base d’une cinquantaine de runs de modèles. Néanmoins, Météo France
commence à diffuser à
certains clients des produits expérimentaux de prévision mensuelle, sur un pays
ou une zone géographique,
en fonction de paramètres types. Cette clientèle est essentiellement composée d’EDF,
en raison de l’impact de la variabilité météo sur la production d’énergie, mais
aussi d’autres acteurs
économiques afin d’optimiser le fonctionnement de leur supply chain en
anticipant des phénomènes
de consommation.
Les
deux principaux axes de progrès de la météorologie sont la prévision à très
courte échéance, grâce
au modèle AROME sur les phénomènes orageux et le brouillard, et à plus long
terme. La prévision
immédiate est d’ores et déjà possible. Cependant, le coût et la complexité de l’exercice
ne permettent
pas de le réaliser tous les jours en montagne.
La
météo montagne du futur supposera certainement l’apport d’éléments d’information complémentaires
aux prévisions, par le biais des médias et du site Internet de Météo
France. En outre,
il serait intéressant de concevoir de nouveaux produits, en concertation avec
les professionnels
de la neige afin de faire preuve d’innovation dans la manière d’appréhender la
météo et la
complexité de la décision. Enfin, les progrès technologiques renforceront la
fiabilité de la
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prévision,
notamment suite aux travaux qui seront conduits sur une maille de 500 mètres
dans le cadre
du laboratoire d’essai Val d’Isère 2009.
Evelyne
DHELIAT, Présentatrice Météo sur TF1
L’information
météo neige est véhiculée de deux façons par le média télévision. La première
est le bulletin
météo quotidien, qui diffuse des prévisions globales sur l’altitude des chutes
de neige dans les
massifs montagneux, ainsi que le risque d’avalanches. Néanmoins, si celui-ci s’avère significatif,
un bulletin de vigilance émis par météo france, afin de sensibiliser davantage
les skieurs.
Le
deuxième relais est la Météo des neiges, où l’information est traitée d’une
toute autre manière, une
fois par semaine le jeudi soir, dans un bulletin spécifique d’une minute trente
sur la base des éléments
fournis par Ski France. Il est donc difficile de détailler les informations
bien que soient essentielles
pour les clients des stations et influencent leurs choix.
Tout
l’enjeu de ce type de bulletin est de garantir la crédibilité des données
sachant que, par le passé,
certaines stations ont exagéré les hauteurs de neige afin de favoriser la venue
de la clientèle.
Or
les présentateurs météo ne sont pas en mesure de vérifier les informations qui
leur parviennent de
Ski France la veille de l’émission du bulletin. A ce titre, il est fondamental
que les stations communiquent
leurs éléments sur des bases claires et précises, sous peine de se desservir
vis-à-vis du
public. En effet, au fil des années et de la prise de conscience des impacts de
l’évolution climatique,
l’intérêt et la sensibilité des téléspectateurs à l’égard des bulletins
météorologiques se sont
accrus, ce qui implique tout naturellement une obligation de crédibilité.
Il
serait donc intéressant de remettre à plat les informations communiquées au
public et la manière dont
elles sont transmises. Ainsi, seul un indice de skiabilité et une ambiance
blanche sont désormais
indiqués au téléspectateur, en lieu et place des hauteurs de neige, alors qu’il
serait peutêtre plus
pertinent d’annoncer des chiffres concrets. Par ailleurs, il s’avère que Ski
France transmet les
données des seules stations ayant payé un abonnement à cette association, ce
qui pose un problème
de représentativité. Le débat est ouvert.
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Et pour quelques flocons de plus…
Les conséquences de la brutale et perpétuelle
évolution du climat de notre planète sur notre montagne
Marie-Antoinette
MELIERES, Responsable scientifique du site « Saga Sciences Climat » du CNRS,
Expert climat à l’Institut de la Montagne
Le
réchauffement climatique consiste en une élévation de la température moyenne
mondiale, actuellement
de 14,5°. Celle-ci est le résultat d’un équilibre entre l’énergie qui chauffe
la surface de la
Terre (alimentée pour un tiers par l’énergie solaire qui arrive directement a
la surface) et pour deux
tiers par les rayons issus de l’air et des nuages ( qui proviennent in fine de
l’énergie solaire redistribuée),
ce qui représente 492 watts par m² et l’énergie que perd cette même surface, ce
qui représente
également 492 watts par m². L’effet de serre, qui permet de contenir une partie
du r ayonnement
rejeté par la Terre vers l’espace, est donc primordial, car il détermine la
températuremoyenne
sur Terre.
La
Terre s’inscrit aujourd'hui dans une dynamique de réchauffement : il s’agit d’un
phénomène mondial,
qui ne sera pas remis en question par des fluctuations interannuelles à court
terme. Tout l’enjeu
est de contenir la tendance à l’accroissement de l’effet de serre à long terme.
Au
cours du dernier siècle, la température moyenne a évolué de près d’un degré.
Certes, le réchauffement
apparaissait relativement localisé sur l’Atlantique Nord au début, mais l’ensemble du
globe présente désormais toutes les caractéristiques d’un réchauffement global
depuis ces 25
dernières années. Celui-ci est d’ailleurs plus marqué sur les continents et l’Arctique
(de 2 à 4°).
Il en
est de même au niveau de l’atmosphère.
Les
causes du réchauffement sont de deux ordres :
• naturelles,
liées à l’activité du soleil et des volcans ;
• anthropiques,
liées aux émissions de gaz à effet de serre.
Compte
tenu du fait que le flux solaire n’a pas augmenté depuis les 40 dernières
années, il s’avère que
le réchauffement a pour principale origine l’accroissement des émissions de gaz
à effet de serre,
et plus particulièrement de CO² qui s’accumule dans l’atmosphère. Ce phénomène
résulte de l’activité
humaine depuis le début de l’époque industrielle avec le recours croissant aux combustibles
fossiles. A partir du 19ème siècle, l’homme
a véritablement cassé l’équilibre de la planète
observé depuis 10 000 ans et commence seulement à prendre conscience de l’accélération de la
dégradation de la Terre. Tout l’enjeu politique et économique consiste donc,
au-delà d’une stabilisation,
à réduire l’émission de CO² d’un facteur 3 a minima.
Depuis
deux millions d’années, le climat de la Terre évolue suivant une alternance de
périodes interglaciaires
chaudes et de périodes glaciaires, au rythme d’une période chaude tous les 100.000
ans environ. Or, bien que l’ère interglaciaire en cours s’approche de son
terme, la planète ne
basculera pas exceptionnellement vers une nouvelle glaciation, de façon
entièrement naturelle et
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sans
l’intervention de l’homme. C’est la même anomalie qui a eu lieu il y a quatre
cent mille ans et qui
est lié à la forme de l’orbite de la Terre. La période interglaciaire dans
laquelle nous sommes est
programmée naturellement pour durer encore plusieurs dizaines de milliers d’années.La
dessus se
greffe les émission de gaz a effet de serres, liée à l’activité humaine . Suite
a la poursuite de cette activité,
l’augmentation attendue de 4 à 5° si la dynamique économique actuelle est
maintenue.
Celle-ci
s’avère bien supérieure au 2° maximum d’élévation de température lors de la
précédente interglaciaire
et annonce une ère nouvelle, même si quelques fluctuations pourront être
constatées au
niveau régional en fonction de l’oscillation nord-Atlantique (NAO).
L’évolution
de la couverture de la Banquise de l’arctique constitue sans doute le meilleur
indicateur du
réchauffement climatique. Tout mouvement attire en effet l’attention en raison
du faible niveau de
fluctuations de cette étendue de glace, qui intègre tous les mécanismes climatiques
connus par la Terre.
Or, au cours de la seconde moitié du siècle, la superficie de la Banquise en
été est passée de façon
progressive et régulière de 11 millions à 5,5 millions de km². Cela témoigne d’une
évolution lente,
mais avérée.
S’agissant
de l’indicateur des glaciers, celui-ci est plus complexe. Leur recul n’est pas
directement lié
au réchauffement du climat. Le front des glaciers observé à ce jour ne traduit
pas le climat actuel,
mais celui des siècles passés. Néanmoins, la cassure dans la masse et l’augmentation
de la régression
constatées ces 30 dernières années sont selon toute probabilité (95%)
imputables à l’impact
de l’homme et au réchauffement climatique.
L’une
des conséquences les plus dramatiques de l’évolution climatique est l’impact
sur la biodiversité.
A titre d’exemple, en 2003, lors de l’été caniculaire qui a sévi en Europe la photosynthèse
végétale a diminuée de 30 %. L’avancement des saisons est dorénavant mondial,
de 10
jours environ dans les latitudes tempérées de l’hémisphère nord. Ce phénomène
se traduit en France
au niveau de la végétation par des floraisons anticipées de près d’un mois. Or
si ce changement
ne s’accomplit pas en parfaite symbiose avec la faune et la flore environnante,
la mécanique
des écosystèmes risquent de se « gripper » fragilisant ainsi la reproduction de
nombreux chaînons.
Au
niveau de la montagne, celle-ci est caractérisée par une baisse de température
d’un degré pour 150
mètres d’élévation et une forte présence d’eau. Il en résulte une richesse d’écosystème exceptionnelle
et une grande biodiversité. Cependant, en raison des avalanches, de la neige,
etc. le sol
montagneux s’érode facilement. La préservation de cet écrin appelle donc une
gestion fine et beaucoup
de bon sens.
Philippe
VERDIER, Journaliste, Présentateur Météo à BFM-TV
La
Conférence de Bali sur le réchauffement climatique, qui se déroule sous l’égide
des Nations-Unies,
revêt une importance capitale. Ces deux semaines de négociations sont
l'occasion de rallier les
plus gros pays émetteurs de gaz à effet de serre dans la préparation de l'après
Kyoto, pour un accord
global dès fin 2009.
Certes,
une prise de conscience globale des conséquences dramatiques du réchauffement a
été constatée
auprès de l’ensemble de la communauté politique mondiale, y compris américaine,
mais les
discussions demeurent laborieuses. Il est donc difficile d’augurer de la
volonté de signer des
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accords
forts et audacieux. L’effort de sensibilisation des consciences doit être
poursuivi, afin que les
prochaines conférences donnent lieu à la définition de mesures concrètes à
mettre en oeuvre quelques
années avant l’expiration du protocole de Kyoto en 2012.
La
France, dont l’action s’inscrit dans le cadre de l’Union Européenne et du
Grenelle de l’Environnement,
souhaite que la conférence de Bali débouche sur des résultats ambitieux,
capables d’apporter
une réponse globale aux défis du changement climatique. L’Europe attend d’ailleurs
que les
négociations, associant des représentants du monde économique, donnent une
nouvelle impulsion
à la mobilisation de la communauté internationale. Néanmoins, en dépit du poids
de l’opinion
publique, des blocages entravent les discussions, liés notamment au fossé
Nord-Sud et au nom
du droit à la croissance.
Eric
BRUN, Président du Centre National de Recherche Météorologique de Météo France
Le
changement climatique, désormais sans équivoque, est essentiellement lié à l’augmentation
des gaz à
effet de serre d’origine anthropique, et en premier lieu du gaz carbonique issu
de la combustion
des énergies fossiles. Depuis 10 000 ans, la concentration de CO² dans l’atmosphère
a ainsi
augmenté de 30 %, augmentant de fait l’effet de serre. Certes, celui-ci est une
condition sine qua
non à la vie sur Terre sous la forme que l’on connait, mais l’accentuation
de l’effet de serre conduit
aujourd'hui la planète à absorber une énergie supplémentaire équivalente à
environ 1 % de rayonnement
solaire supplémentaire. La température moyenne de la Terre s’est ainsi accrue
de 0,75°
et s’associe à une augmentation de 15 cm du niveau des mers depuis 1850.
Depuis
près d’un siècle, la température moyenne en France s’est accrue de 1°, avec un réchauffement
davantage marqué en été qu’en hiver. Ce phénomène s’accompagne d’une augmentation
sensible des précipitations, même si celles-ci apparaissent en nette
décroissance durant
l’été.
La
hausse des températures est plus forte dans les régions continentales de
moyenne latitude, telles que
les Alpes, avec des impacts importants sur l’enneigement. En effet, il apparaît
d’ores et déjà que
la part de la neige dans l’augmentation des précipitations tend à diminuer,
comme l’illustre l’étude
conduite sur le Col de Porte et dans le massif de Belledonne depuis 1960.
Toutefois, les progrès
accomplis ces dernières années dans l’aménagement des pistes skiables
compensent la réduction
de l’enneigement aux yeux du public.
Les
perspectives d’évolution climatique à terme dépendent de l’homme. Les scénarios
du GIEC, sur
la base de diverses hypothèses d’évolution de la concentration de gaz
carbonique, prévoient une hausse
globale de la température de 0,2° par décennie au début du XXIème siècle, avec des différences
selon les régions. Néanmoins, il apparaît aujourd'hui difficile de mesurer l’impact
du changement
climatique sur l’enneigement dans un massif précis, car des échelles aussi
fines ne sont pas
encore à la portée des modèles utilisés. Les scénarios régionaux intermédiaires
prévoient pour la
fin du siècle en France une forte augmentation des températures et un
assèchement des précipitations,
plus marqués en été qu’en hiver et plus forts dans le sud que dans le nord. Ces projections
sont très cohérentes avec les phénomènes déjà observables.
Au
niveau des Alpes, les simulations prévoient, pour une augmentation de
température de 1,8°, une réduction
de la durée d’enneigement de près d’un mois 1500 mètres, aussi bien dans les
Alpes du
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Nord
que dans les Alpes du Sud. L’étude monte une forte sensibilité jusque vers 2200
m. Cette tendance
ne sera malheureusement pas compensable par une hausse modérée des
précipitations.
Seule
la hauteur de neige serait impactée favorablement mais pas la durée. Le recul
des glaciers sera
en outre accéléré, voire aboutira à la disparition de certains glaciers. Par
exemple, une étude récente
du Laboratoire de Glaciologie calcule la disparition du glacier de Saint-Sorlin
à l’horizon 2090
dans le cadre d’un scénario d’augmentation du CO2 pourtant optimiste.
Sur
un plan économique, l’enneigement constitue la principale ressource en eau des
régions méditerranéennes.
Un réchauffement de 1,8°C . générera un décalage d’environ trois semaines du pic
printanier de fonte d’une rivière alpine telle que la Durance et des étiages
anticipés et plus marqués,
dont les conséquences seront dramatiques pour l’agriculture et les écosystèmes
.
De
manière plus générale, le changement climatique conduira à un bouleversement
global des conditions
de vie sur la planète et des activités humaines, tant au niveau des ressources
en eau, de la
production agricole, de la biodiversité, des ressources énergétiques, des
risques naturels, des secteurs
économiques dépendant de la météo, etc.
Guy
VAXELAIRE, Maire de La Bresse, ANMSM
Depuis
plusieurs années, la recherche d’un équilibre entre aménagement et protection
de la montagne
constitue le coeur de la réflexion de l’Association Nationale des Maires de
Stations de Montagne.
L’ANMSM a d’ailleurs constitué en 2006 une commission Aménagement du territoire et
développement durable, dont les travaux ont permis d’aboutir à une charte
nationale. Ce texte, présenté
en octobre 2007, n’est pas une simple déclaration de principes et aborde les
thèmes de charge
d’un territoire, de réserves en eau, de transport, etc. 32 stations l’ont
ratifié à ce jour.
La
charte de développement durable dans les stations de montagne s’articule autour
de 8 plans d’actions,
comprenant au total 130 mesures. Elle valorise notamment la sensibilisation des populations,
tant au niveau des résidents que des usagers d’un domaine, afin de les
encourager à des
comportements responsables et citoyens.
Ce
document se veut également évolutif, au-delà d’une première ligne d’horizon de
10 ans. A cet effet,
il impose la création d’un comité de suivi au niveau national, avec des
partenaires associatifs, économiques,
etc.
L’adhésion
de chaque commune suppose un engagement sur plusieurs points :
• nomination
d’un référent coordinateur, afin d’impulser des démarches transversales ;
• répondre au
moins à 50 % des actions dans 3 chapitres et 50 à 60% dans les 8 chapitres sur
10 ans;
• mise en
place d’un comité local de suivi, composé d’un tiers de partenaires
socioéconomiques, d’un
tiers d’institutionnels et d’un tiers d’associatifs, en charge de la définition
d’un plan sur 10
ans.
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La
charte de développement durable ne représente peut-être qu’une infime partie
des actions à mettre
en oeuvre au niveau de l’humanité, mais elle a pour mérite d’encourager l’implication
des collectivités
locales et des citoyens.
Maximilien
ROUER, Président de Be Citizen
Be
Citizen a eu pour vocation première d’informer et de sensibiliser les
populations à la problématique
du changement climatique. Néanmoins, suite aux dramatiques évènements liés à la canicule
de l’été 2003, il est apparu fondamental d’élargir cette approche pour aborder la
mise en oeuvre
de solutions économiques positives afin de réparer les dommages causés par l’homme.
L’humanité
se situe à la croisée des chemins. Or les enjeux qui s’imposent à elle sont émotionnellement
inacceptables, en dépit des discours tenus sur la rationalité du changement climatique.
En effet, la température a, certes, augmenté de 1°, mais ce phénomène demeure
peu appréciable
par le grand public en raison de l’effet d’inertie des océans. Afin de stimuler
son implication,
il convient de susciter un désir d’agir, en démontrant qu’il est possible de
créer un environnement
de croissance, tout en restaurant et en enrichissant le capital écologique.
L’économie
mondiale repose la combustion d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Or
cette source
d'énergie abondante et bon marché n’est plus viable, notamment en raison de l’augmentation significative
du prix du baril de pétrole, qui atteint près de 100 $ sous peu. Néanmoins, la substitution
de cette ressource par le charbon n’est en aucun conseillée, de par la forte
proportion de
gaz à effet de serre émise à l’occasion de sa combustion.
L’activité
industrielle est jugée sur la seule base d’un bilan comptable, alors qu’elle
consomme de l’énergie
et émet des substances toxiques. Or ces éléments ne sont pas comptabilisés dans
les résultats
financiers. La destruction de l’environnement apparaît dès lors comme une
production.
Toutefois,
à la prise de conscience de la rareté des combustibles fossiles s’ajoute une
sensibilisation de l’opinion
publique vis-à-vis des conséquences climatiques liées à l’emploi de ces
ressources.
Désormais,
les « clean technologies » (éolien, photovoltaïque, géothermie,
biocarburants, etc.), génératrices
de croissance, commencent à générer du désir dans les communautés économiques
et financières.
Toutes
les activités et tous les secteurs ne peuvent pas être positifs et recourir aux
« clean technologies
». Cependant il est possible de mettre en place, dès aujourd’hui, une
production d’électricité
positive, des bâtiments positifs, une agriculture positive et ainsi d’équilibrer
le bilan global.
Tout l’enjeu consiste à fonder dorénavant l’activité humaine sur des produits
et des systèmes
de production innovants, créateurs de valeur et réparateurs sur un plan
écologique, dans les
domaines clés de l’énergie, des transports, du bâtiment et de l’agriculture.
Le
passage d’une économie négative, préjudiciable pour l’environnement, à une
économie positive suppose
en premier lieu de réduire et compenser l’impact de la croissance sur les
ressources naturelles.
Par la suite, il importe de valoriser et rechercher de nouveaux relais de
croissance, qui permettront
d’améliorer les actuels bilans énergie/matière, carbone et toxicité.
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A
titre d’exemple, certaines usines ont commencé à adopter une production de type
neutre, selon laquelle
la quantité d'énergie ou de matière produite est égale à la quantité consommée.
Ainsi, Vallourec,
au Brésil, parvient à produire de l’acier sans charbon grâce à la mise en
culture d’une surface
déterminée de bois. Demain, des milliers d’entreprises pourront être créées
pour répondre aux
enjeux de réduction de concentration de CO² et en finir avec l’héritage d’une
économie négative,
basée sur un principe de destruction des ressources. A cet égard, un nombre
croissant de structures
innovent en proposant dès à présent des énergies propres, des traitements de
boues à coût réduit,
des solutions de revégétalisation, etc.
Alain
GRANDJEAN, Docteur en économie de l’environnement, Président de la société Capitalisme
Durable, membre du comité de veille scientifique de la Fondation Nicolas Hulot
Il
est établi que 80 % de la consommation mondiale d’énergie repose sur les
combustibles fossiles.
Face
à l’augmentation du prix du baril de pétrole, d’aucuns s’attellent à substituer
cette ressources par
le charbon. Ces choix sont dramatiques, car la combustion du charbon émet 30 %
de plus de CO²
que le pétrole à énergie produite égale. Or la communauté scientifique s’accorde
sur le fait que la
prévention d’une catastrophe climatique à la fin du siècle impose une
diminution des émissions mondiales
de CO² de moitié d'ici à 2050.
Afin
de prévenir le déstockage de l’énergie fossile charbon, il conviendrait, dans
la droite ligne des préconisations
de Nicolas Stern, définir un prix pour l’émission de CO², et par extension
instaurer une
taxe carbone. Bien qu’impopulaire et d’apparence punitive, cette contribution
fiscale pourrait aider
à réduire les émissions de gaz à effet de serre, tout en encourageant les
entreprises vertueuses à se
développer davantage. L’Etat aurait ainsi la possibilité de compenser la
création d’une taxe supplémentaire
par l’allègement d’autres impôts (TVA, impôt sur le revenu, charges sociales,
etc.), l’objectif
étant de réorienter la consommation de ressources génératrices de CO².
La
taxe carbone devra être instaurée de manière progressive, jusqu’à ce que les
émissions de CO² soient stabilisées à un niveau acceptable, et accompagnée de tout un panel de mesures à vocation
écologique afin de s’inscrire dans un dispositif d’ensemble et cohérent pour le public.
Document rédigé par la société Ubiqus – Tél. 01.44.14.15.16 – http://www.ubiqus.fr – infofrance@ubiqus.com